Des Enfants sur la Terre – 1

1/ La rencontre

Il est une fois… vingt deux enfants provenant de familles différentes, ou frères et soeurs, qui sont nés dans la même ville. Ils sont filles ou garçons,  de 5 à 17 ans ! 

Chacun illumine un nom :

Dignian Valor Fufute Intégrine Obserivain Justel Qualiète Actile Epanolie Mermeille Lucidie  Résolule Géniel Bontié Sensib Hardien Trouvard Patienne Uniam Nobile Zêlène Corfiance

Ils ont décidé de se ré-unir. Ils s’étaient rencontrés dans un autre temps et un autre espace avant de venir faire œuvre commune dans cette cité. Là, lors de leur premier conseil en vue de leur coopération, ils avaient baptisé ce type de rencontre : Conciliance. 

Pour cette fois, dans la ville, leur programme est de faire le point de leur participation à l’évolution de la terre. 

Leur invitation propose que chacun vienne avec un jouet ou un objet qu’il aime. 

La séance est prévue dans un Parc de la Ville : un coin de nature, ombragé par de magnifiques arbres, immenses, qui entourent un pré. 

Comme ils en avaient déjà pris l’habitude, les enfants forment un beau cercle. Ils s’assoient, posent leur objet devant eux et se regardent en souriant. 

Les jeunes parcourent les jouets des yeux. Ils constatent que le jeu choisi par la plupart est un robot ! 

Ceux-ci sont variés, plus ou moins sophistiqués, de l’extra-terrestre, humanoïde, manipulable par télécommande à divers animaux : cheval, dinosaure ou grenouille ! Tous se déplacent de façon automatique.

Un garçon s’agite. C’est Trouvard, de taille moyenne, une dizaine d’années, aux cheveux sombres et au nez légèrement pointu. 

Lui, a amené un objet quelque peu différent. 

Il lève les mains et montre ce qu’il tient : un pliage en forme de pyramide tronquée. 

Il aime bien bricoler et explique :
– Cette structure de plastique transparente permet de faire apparaître une forme unique, à partir de plusieurs images. Grâce à cet accessoire, une dimension plus globale se révèle. Pour que ce soit joli à regarder, voyez, j’utilise des images choisies à l’avance sur ma tablette et une fois la pyramide posée, un mouvement se produit au milieu du pliage .

Ses camarades s’extasient. 

L’une d’entre eux est ronde de visage et de corps, sans être ni obèse, ni bouffie. Elle présente simplement de belles courbes et ses vêtements moulants, de couleur,  laissent transparaître cette jolie rondeur. Elle s’appelle Lucidie. Et elle a 17 ans.

Elle n’a rien apporté…

Ou plutôt, si : c’est d’elle-même que vient sa contribution… Elle explique son talent :
– J’aperçois une forme brumeuse qui se tient près, autour ou à côté de chaque personne… Parfois je n’en distingue aucune. C’est une faculté que j’ai. Peu de gens décèlent de telles figures, j’en ai pris conscience !

La jeune fille contemple le groupe… :
– Là je les vois bien et ces silhouettes sont vraiment très belles et très lumineuses !

Elle ajoute :
– J’ai entendu que certains les appellent l’être intérieur ou le « double ». Il est spécifique aux Humains ! C’est une partie d’eux-mêmes avec laquelle ils sont plus ou moins reliés.  

Dignian, si différent d’elle, avec sa dizaine d’années, droit comme un I, au visage très fin, lui sourit :
– Tu en sais des choses ! 
– Je cherche à comprendre ou à décrypter ce que je vois. Cet aspect est très important pour moi et personne ne sait vraiment me l’expliquer !

Uniam est petite. Sa taille n’a pas de rapport avec ses 13 ans, elle est brune et bouclée, vêtue d’une robe blanche sur un pantalon collant de couleur blanche.

Elle est pleine de sagesse et intervient :
– Au fond de moi je sais qu’il est important que nous y soyons reliés !

Vu l’intérêt général, déterminé par la quasi totalité des objets apportés, les jeunes décident tous ensemble de lier connaissance avec quelqu’un qui fabrique des robots.  

Comment faire ? De quelle manière provoquer une rencontre qui réponde à leur attente ?

Le cercle se donne la main et pose cette intention au centre, chacun se plaçant dans son cœur. Ils connaissent bien cette technique expérimentée dans un autre espace temps… 

L’œuvre accomplie, ils se séparent et regagnent leur domicile respectif.

Le lendemain Actile, aux clairs cheveux ruisselants en boucles sur sa face où percent des yeux pétillants, regarde Internet sur la tablette qu’il a reçue pour ses 12 ans. A un moment, il se met à se secouer de rire et à éclater de joie !  

Il vient de lire ceci :
Un nouvel ordinateur très performant est parvenu à battre le champion du jeu de go. Jusque là, les humains avaient emporté la victoire…
Notre journaliste a rendu visite à un ingénieur très célèbre : Faiseur de Robot.
Ce dernier jubile. Il continue sa réalisation de machines qui défient les performances humaines et explique qu’il reproduit des humains qui marchent, parlent, entendent, voient, touchent et reconnaissent l’environnement. Ils bougent aussi leur membres.
Le dernier qu’il a réalisé peut flanquer une taloche quand on le touche…
D’ailleurs l’automate porte une pancarte sur sa poitrine et dans son dos : « Ne me touchez pas sinon je cogne. »
« Pouvons-nous encore nommer ces créations des machines ? » questionne l’ingénieur…

L’article se termine par ses coordonnées ! Le garçon note consciencieusement comment joindre Faiseur de Robot et calme son excitation.  Il organise la rencontre.