Science ou Amour ? Deux horizons différents pour le même psaume 139 de la Bible

Préambule

Très intéressée par les mythes, les légendes et quelques écritures anciennes,  je souhaite partager ici une expérience de deux traductions que j’ai faites.

Il s’agit d’un même psaume, ou « parole de louange », tiré de la Bible et écrit au départ en Hébreu. Or c’est une langue dont les voyelles à l’origine n’étaient pas notées et où le texte n’avait ni séparation entre les mots, ni phrases découpées, comme aujourd’hui, en versets…

L’expression connue « traduire c’est trahir » est dans ce contexte incontournable !

Mais finalement les écrits ne se réfèrent-ils pas à un «verbe originel» que nous pouvons retrouver en pénétrant, chacun, les mots à notre manière… bref, en traduisant ou en lisant ?

Le lecteur idéal est un traducteur. Il est capable de décortiquer un texte, d’en retirer la peau, de le couper jusqu’à la moelle, de suivre chaque artère et chaque veine et ensuite de mettre sur pied un nouvel être vivant.”

Alberto Manguel

Que le « Verbe Créateur » inspire la lecture de ces deux « versions » du psaume 139 ! Qu’elle résonne dans les cœurs plus qu’avec la logique et cela, concernant même la version se rapportant aux dernières références actuelles de la science : l’information…!

PS : Pour ne pas encombrer le tout, j’ai mis quelques notes ou explications sur une page différente car elles ne sont pas indispensables pour entrer en co-naissance avec ces versets bibliques !

Psaume 139 : « Quelle science de Dieu » ?

1) Vers l’excellence. Psaume de David.
Dieu auquel on ne peut mettre les limites d’une prononciation, tu m’as exploré à fond et tu es informé.
2) Tu as l’information de mon coucher et de mon lever,
de cette distance éloignée tu bâtis ma pensée.
3) Ma démarche et ma quadrature, tu en as l’analyse,
tu fais la synthèse de toutes mes procédures.
4) Le mot est ou n’est pas sur ma langue,
et voici tu en es informé totalement, Dieu auquel on ne peut mettre les limites d’une énonciation.
5) Tu relies Occident et Orient, avenir et passé et tu places au-dessus de moi tes espaces incurvés.
6) L’information est plus cachée que moi,
elle est élevée ; je n’ai pas les capacités la concernant.

7) Où et quand progresserai-je plus que ton esprit ?
Par où passerai-je plus qu’en toi ?
8) Si je monte vers les cieux, tu es cet espace,
si je me place dessous, au lieu des morts, te voici !
9) Je prends le bout de l’aurore,
je m’arrête au-delà de la mer
10) c’est aussi un espace , ton côté m’y guide,
et ta droite s’intrique en moi.
11) Je dis : Ah ! Des ténèbres m’enveloppent,
en nuit se change la lumière du jour dans ma perception du temps !
12) Les ténèbres en fait ne sont pas ténèbres selon toi,
la nuit brille telle le jour, l’ombre telle la lumière.

13) Oui tu as façonné mes reins,
Tu m’as enveloppé dans le ventre de ma mère.
14) Je te loue ! A ce sujet, certes, des singularités existent, je suis spécifique ; Merveilleuses sont tes œuvres, et mon être en est puissamment informé.
15) La structure de mes os ne fut pas un secret pour toi par qui j’ai été fait dans le mystère,
je fus tissé dans les fonds de la terre.
16) Tes yeux ont vu ma forme sans forme. Tout est écrit sur ton Livre de nombres.
Les jours y sont formulés, et pour ton Livre, en eux est l’Unité
17) Pour moi, combien sont précieux, Dieu, ceux que tu approches !
Combien leurs nombres sont considérables !
18) Je les compte. Ils sont multiples plus que les grains de sable ;
je sors de mon sommeil, je témoigne avec toi.

19) Si, Dieu, tu anéantis le mensonge,
ceux qui sont incurables tant ils sont dans la ressemblance commune… Éloignez-vous de moi !
20) Par ceux qui t’invoquent pour une destruction,
tes villes sont prises pour le malheur…
21) Est-ce que je prends en aversion tes adversaires, Dieu auquel on ne peut mettre les limites d’une appellation ?
Je suis ennuyé avec ceux qui se dressent contre toi.
22) Il existe un comble de l’aversion. Je les ai pris en aversion.
Ils sont comme des ennemis pour moi.
23) Scrute-moi, Dieu, et prends l’information de mon cœur ;
éprouve-moi, et prends l’information de mes fantasmes.
24) Vois s’il est en moi un effort
Et guide-moi dans la démarche vers l’infini…

Psaume 139 : « L’Amour Divin »

1) A l’éternité. Pour le Bien-Aimé. Chant.
Toi, Divin, pour qui je ne peux mettre de terme, tu me savoures et me pénètres.
2) Tu pénètres mon repos, mon lever, et discernes de loin pour me fréquenter.
3) Tu évalues ma voie et mon accouplement ; tu as soin de tous mes parcours.
4) Non, le mot n’est pas sur ma langue, que déjà tu pénètres tout, Toi au-delà de toute expression.
5) Derrière, devant, tu m’enserres, et mets ta paume sur moi.
6) Pénétration qui m’est trop merveilleuse, trop sublime pour que je lui résiste.

7) Où donc aller loin de ton souffle ? Où donc, quittant ta présence, je passerai ?
8) Si j’escalade les ciels, tu es là ; si par ta sollicitation j’étends la couche au pays des morts, te voilà.
9) Je prends les ailes de l’aube, je demeure au bout de la mer.
10) Là aussi ta main me conduit, ta droite me saisit.
11) Je dis : « Ah, les ténèbres m’enveloppent ! » La nuit est lumière en ma volupté
12) tellement les ténèbres n’enténèbrent pas venant de toi.
La nuit brille comme le jour, telle sont les ténèbres telle est la lumière.

13) Oui, toi, tu as possédé mes reins, tu m’as enveloppé dans le ventre de ma mère.
14) Je te célèbre, parce que tu as fait de moi des prodiges. C’est merveilleux ce que tu réalises, mon âme en est toute pénétrée.
15) Mon corps n’avait pas de mystère pour toi, quand tu me formais en secret et me tissais dans les profondeurs de la terre.
16) Tes yeux ont vu ma forme informe. Tout est écrit sur ton livre où les jours sont formulés, et, là, l’Unité règne.
17) Pour moi tes fréquentations me sont chères, ô Dieu, combien leurs origines sont puissantes.
18) Je les compte, multiples plus que le sable ! Je m’éveille et suis encore avec toi.

19) Ô Dieu, puisses-tu tuer le criminel…
Hommes de sang écartez-vous de moi…
20) Ceux qui t’invoquent pour une malignité, tes ennemis,
se chargent de tromperie.
21) Est-ce que je hais quand même ceux qui ne t’aiment pas,
toi Divin, qui est au-delà des mots ?
J’ai du dégoût avec ceux qui s’élèvent contre toi !
22) Je hais à l’extrême, je ne les aime pas.
Ils sont comme des ennemis pour moi.
23) Sonde-moi, ô Dieu, pénètre mon cœur. Examine-moi, pénètre mes fantasmes.
24) Vois si le chemin de la désolation est en moi.
Et conduis-moi sur le sentier de l’éternité !


Notes sur le psaume 139

Remarques générales

Les deux traductions conviennent au texte hébreu de départ.  Elles sont relativement littérales, c’est à dire proches de l’Hébreu.

J’ai voulu dans la traduction intitulée « Quelle science de Dieu ? » figurer la lecture possible que le vide présent partout est information, qu’elle fait partie de nous… et que nous sommes tous connectés (je pense aux travaux du physicien Nassim Haramein).

J’ai souhaité aussi me référer à la notion très fréquente dans les commentaires rabbiniques de la différence entre individus : « la véritable connaissance est l’altérité de l’autre » a dit Armand Abecassis dans une émission Judaïca du dimanche matin. La philosophie de l’altérité a été mise en place à la fin du XXe siècle par le Juif Emmanuel Levinas.

Cet aspect est très présent dans ce psaume, car il y a une parenté avec la même racine hébraïque qui donne dans les traductions en Français : pensée, mal, ami et fréquentation.

Dans la traduction intitulée « L’amour divin » j’ai vécu une dévotion quasi érotique à l’égard de Dieu…

Les deux approches sont possibles. Ne sont-elles pas deux rencontres merveilleuses et complémentaires du Divin ?

Remarques sur les mots du texte

En Hébreu la forme la plus sacrée du nom divin, YHWH, ne comporte pas de voyelle et ne peut se prononcer. On lui donne parfois les sons a et é afin de pouvoir l’articuler, ce qui donne YaHWeH. D’autres fois on lui substitue les voyelles du nom divin « Adonaï », ce qui donne Jahovah ou plutôt Jehovah. Pour ces quatre lettres que l’on nomme aussi Tétragramme, j’ai gardé la notion de « nom qui n’est pas prononcé ».

Le verbe savoir ou CONNAÎTRE est aussi utilisé en Hébreu pour l’acte sexuel où un nouvel être est formé grâce à la pénétration masculine du féminin. Le traducteur André Chouraqui a donc choisi le terme « pénétrer » qui peut avoir en français le même double sens (« Amour Divin »).

On peut aller encore plus loin et utiliser le terme « informer » pour ce double sens hébraïque. Il est très approprié avec les sciences qui se développent actuellement («Quelle Science de Dieu ?»)…

Les lettres du nom de DAVID, quand les voyelles ne sont pas notées (ce qui est le cas de l’Hébreu moderne), signifie « bien-aimé » et convient tout à fait dans la relation avec « l’Amour Divin »

La Bible est divisée en livres, chapitres et versets. Ces derniers sont figurés par un numéro en tête de ligne, en tout petit.

Le verset 16  commence par « Tes yeux ont vu ma forme informe (ou sans forme) ». Le mot hébreu, golem, signifie littéralement masse informe, il figure ainsi, entre autres, le fœtus, l’embryon. Ce mot est aussi parfois utilisé en Français où le terme de « GOLEM » se rapporte à un être créé artificiellement à partir d’argile et de prières et peut se déplacer et mener quelques actions.

Pour ceux qui veulent aller plus loin

• Le site « Levangile » présente 14 traductions différentes…
https://www.levangile.com/Bible-LSG-19-139-1-complet-Contexte-oui.htm

• Le site de la Référence Biblique en propose 23 à découvrir verset par verset…
http://djep.hd.free.fr/LaReferenceBiblique/?Livre=19&Vers=1&Chap=139


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