Le rempart de l’oubli

C’était quand je suis née
Je fis une chute à travers les ciels, les espaces et les temps.
Elle était vertigineuse.
Tandis que je plongeais, mes bras et mes jambes s’agitaient cherchant un équilibre impossible.
Je m’approchais de la Terre
jusqu’à un corps s’imposant à mon cœur défendant.

Je résistai, je me raidis.
Un épais brouillard m’ensevelit :
voile, mur, rempart de l’oubli…
Je me brisai à son contact.

Je perdis la connaissance et m’emplis de vide.
Ma conscience fut en butte aux inconscients de mon entourage,
la clarté de mes instants en butte aux obscurités des générations passées.
Je ne trouvai plus mes mots, le Verbe Un, qui était mon essence même.
D’étranges formes traînant dans toutes les zones intermédiaires aux abords de la terre,
de lourdes pensées récurrentes, imposantes, totalitaires, s’accrochèrent à moi…

Je troquai l’amour
pour l’absence de découverte réciproque,
pour le néant d’êtres s’ignorant, et se saignant les uns les autres.
Je troquai la confiance qui m’avait bercée au sein d’une grande union
pour une nécessaire vigilance face à des risques permanents,
pour un qui-vive continuel.

J’ai toutefois en moi
depuis lors
et d’ores et déjà
le souvenir d’un autre espace sans limite…
Je m’y rends,
je me nourris de sa présence,
J’y revis la Conscience originelle
immense,
grandiose,
elle est en mon corps, et au-delà.

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